GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

dimanche 3 mai 2015

Escalade plaisir entre Calanques de Marseille et Sainte Victoire.

Après plusieurs mois à marcher dans la neige piolet à la main, il était temps de retrouver la douce caresse du rocher !
Fabrice avait manifesté sa grande envie de découvrir les Calanques et le caractère unique de son escalade, qu'à cela ne tienne !

Vu que le mistral est annoncé à 100 km/h, on choisit de commencer notre séjour en allant à la Candelle.

Toujours aussi incroyable d'évoluer dans ce paysage !
Dans le socle, on gravit "le temple" (5c/140m) qui suit une ligne logique de fissure. Petite spécificité de ce séjour, Fabrice n'est pas venu pour suivre "docilement" la corde et compte bien faire sa part du boulot ! (En fait le mien...)

Fabrice attaque le premier
Le rocher est un peu patiné mais nous bénéficions de bonnes conditions de "collante" !
Je continue en enchainant L2 et L3 pour arriver au grand pin.


Observation de la longueur suivante...
Qui sera pour Fabrice...
 On est relativement bien abrité mais le vent du nord refroidit l'ambiance !



Quand on débouche au sommet du socle, on se fait coucher par les rafales !


On rejoint sans trainer le pied de la partie haute de la Candelle pour un pique nique au soleil et à l'abri du vent.



On continue dans le haut par la cheminée Buisson (5c/120m).

Fabrice dans L1
La concave et son énorme devers

L2 remonte une fissure raide pas évidente et comme l'indique son nom, la voie finit par une cheminée finalement assez ludique.



La bascule en face N est violente...
 La Candelle est vraiment un des beaux motif des Calanques qui offre quelques unes des plus belles longueurs du secteur !

L'arête de Marseille sur la droite, classique des classiques !
Le lendemain, visite de la fameuse calanque de Sormiou avec le secteur du dièdre Guem. Pas du tout la même ambiance. C'est du beau rocher blanc sculpté, les voies sont plutôt typées dalles et attaquent à quelques mètres au dessus de l'eau...

Départ au milieu des cabanes de pécheurs
Sans commentaires...
On commence la journée par la classique "Melody" (5c/150m).

Ro juste au dessus de l'eau
Fabrice dans L2
Belle ambiance à R2
Superbe L3 qui remonte une veine de quartz

L'avantage de ce secteur c'est qu'il est facile depuis le sommet de redescendre au pied et d'enchainer les voies... On continue donc avec "NTD" dont on zappe le départ trop dur pour 4 très belles longueurs soutenues dans le 6a/b. Heureusement qu'on va un peu dans le 6 pour que je puisse grimper en tête !

L3 officielle, L1 pour nous...6b avec un départ bloc...
Une belle dalle sculptée un peu plus haut dans la voie
En fait, notre projet depuis le début était de commencer par grimper à la Sainte Victoire mais le mistral violent du premier jour nous en avait dissuadé... On logeait donc depuis plusieurs jours au calme dans les gites de Daniel Gorgeon au pied de la Sainte en attendant le bon créneau !

Ce massif situé à quelques km d'Aix en Provence est emblématique pour ces dalles compactes extrême, mais il comporte aussi de nombreuses voies tout à fait abordables (attention, il faut tout de même rester modeste sur les cotations...).

Fabrice est vraiment motivé pour gravir "Le grand parcours" (5c+/400m) et c'est un excellent choix !


On opte pour le départ direct. Le rocher est assez patiné et les points vraiment loin...

Malgré la cotation modeste (5a), ça fait pas rire...
Fabrice dans le haut de L1
L3
Outre la première longueur qui est spitée, le reste suis des lignes de fissures ou friends et coinceurs sont indispensables. Après 3/4 longueurs grimpantes, on arrive dans une zone moins raide ou il est possible de faire de la corde tendue.
 
Fabrice part à corde tendue dans la première partie facile
On arrive au pied d'un deuxième bastion avec deux superbes longueurs. Je fais la première en fissure en 5b/c et fabrice se charge du contournement du toit en 4b.







 Encore une partie plus facile sur une arête menée de main maître par Fabrice et on arrive au pied de la grande fissure terminale, principale difficulté de l'itinéraire.



La première longueur est continue avec quelques vieux clous en place.
La deuxième est bloc avec un départ au dessus du relais bien con pour faire en libre.


La croix de Provence

 On atteint le sommet du Signal un peu moins de 6h après notre départ.


On descend par le "Garagaï", véritable curiosité géologique puis le tracé noir qui par une suite de vires astucieuses permet de rejoindre le parking des 2 Aiguilles.


Ah décidément, cette partie de l’hexagone est vraiment un must pour les amateurs de beau cailloux !
Encore merci à Fabrice de m'avoir permis d'y gouter une fois de plus !
 
C'est beau l'amour !
 

jeudi 16 avril 2015

But Gabarrou Silvy et couloir N direct aux Drus

Avec Nicolas Kalisz, on se rend pour quelques jours dans la capitale. La météo pour le lendemain est plutôt moyenne mais  vu notre timing serré, on attaque direct dans le vif du sujet avec pour objectif la Gabarrou Silvy a l'aiguille sans nom. On part à la première benne des Grands Montets, descente par le couloir d'accès des oreilles de lapins.

Le couloir d'accès
 Alors qu'on attaque, le ciel s’assombrit passablement...

Le bastion du bas, sec mais enneigé...
Dans ces conditions, les deux premières longueurs sont des pentes de neige sans cohésion entrecoupées de quelques ressauts de mixte.


C'est pas très dur mais je sens que le poids du sac va devenir un problème pour peu que ça soit un peu plus grimpant...
On arrive au pied du dièdre emblématique de la voie et la météo c'est carrément dégradée... La largeur de la fissure au fond de ce dièdre parfait va poser problème en dry car elle est trop large pour que les lames se vérouillent ( entre Camalot 0.5 et 1...).


 J'attaque en dulfer, pied à plat. C'est extrêmement physique et dès que je relâche un peu la tension, c'est la reculade... Je suis obligé d'enfoncer la tête des piolets pour que ça coince.


Le problème, c'est que pour pouvoir mettre un friend, je dois me ré axer avec la fissure (problème connu en dulfer...) et en crampons, pas question de se mettre en écart... Une zippette  imprévisible m'éjecte vers le bas et c'est la flopée de jurons habituels !

Je finis par atteindre le relais bien gazé et Nico repart dans la longueur suivante vraiment pas facile et qui là aussi ne se prête pas vraiment au dry...


Il nous reste 3 longueurs (et pas les plus courtes...), la journée est déjà bien avancé, le temps ne s'arrange pas, Nico n'est pas motivé par une arrivé tardive et à l'arrache au bivouac, on est pas bon sur la stratégie sans hissage... Bref, c'est la mort dans l'âme qu'on tire les rappels tant que c'est encore faisable...

On rejoint les Grands Montets, blasé, mais maintenant mieux renseigné sur les stratégies à mettre en place dans cette voie complexe... La prochaine tentative se fera plus tard en saison avec le bas bien sec à parcourir en chausson et du hissage pour profiter de ces belles longueurs quitte à le porter dans les pentes de neiges de la deuxième partie !

Ca commence mal, on vient de loin pour réaliser des rêves et prendre un but ici, c'est pas comme à la maison... Heureusement, après un arrêt chez notre pote Bastiou pyrénéen exilé, on se remotive pour profiter du beau temps et on opte pour le best seller de l’hiver : le couloir nord des Drus version directe.





Après une nuit courte aux grands Montets on profite de la bonne trace reconnue il y a quelques jours et on se retrouve à la rimaye alors qu’il fait toujours nuit. Déjà deux cordées sont au dessus et une autre nous talonne… Welcome to Chamonix !

Les 300 premiers mètres sont vite avalés en corde tendue et nous voilà au pied des difficultés, bloqué derrière nos prédécesseurs.

La ligne est intimidante....
Nico attaque par une première longueur qui comporte une section que même en second, je trouve aléatoire et difficile à protéger. 

Nico attaque L1
J’enchaîne par un joli plaquage plus classique qui nous mène au pied de la grande cheminée. 

L2 de la directe moins dure mais superbe...
La raideur est vraiment impressionnante. Nico avale vite la longueur suivante pourtant vraiment pas facile et c’est à mon tour de partir dans la longueur clef avec sa sortie déversante !
Je suis assez tendu et impressionné… Je grimpe lentement et prends le temps de me protéger correctement. A la fin de la cheminée, je me rétablis sur la fameuse coulée de glace dans une ambiance hallucinante ! Les quelques mètres qui me séparent du relais sont ultra raide et la glace a pas mal souffert des nombreux passages…



Une dernière longueur exposé, plus en neige qu’en glace, nous donne accès au couloir terminal.

Dernière longueur du direct plutôt expo...
On repart à corde tendue pour retrouver le soleil à la brèche.


C’est ma troisième ascension sur cette montagne mais je n’ai jamais réellement foulé le sommet. Cette fois ci, pas question que la vierge m’échappe !


On replonge dans l’ombre pour une série de rappels dans le couloir. La fréquentation de ces derniers temps et les lunules en place nous permet de rejoindre la rimaye en moins de 2 h.


Dernier rappel pour passer la rimaye
On profite des derniers rayons du soleil et reprenons quelques forces avant d’attaquer la pénible remontée aux Grands Montets. 

lundi 9 mars 2015

Cirque de Gavarnie "Lowe, love me do" + stage équipe jeunes CAF

Ce WE, on avait prévu de faire de la cascade de glace avec l'équipe jeune espoir du CAF. Ca tombe bien, Gavarnie a l'air en top conditions ! Histoire de pas juste refaire une voie classique mainte fois parcourue et parce que je ne me suis rien mis de passionnant sous les piolets depuis quelques temps, je réquisitionne Max pour une journée de rab avant l'arrivée de ces potes pour le stage officiel.

J'ai bien une idée dernière la tête mais pas sûr que tous les éléments soient réunis... En effet, lors de sont ouverture par Rémi Laborde et Richard Dupont en 1996 "Lowe, love me do" présentait un grand cigare qui pendait suffisamment pour pouvoir être gravi au départ du relais. L'exercice au dire des ouvreurs a été fort en émotions mais à ma connaissance peu reproduit car l'édifice à une fâcheuse tendance à l'autodestruction avant d'arriver au niveau de la vire du relais...

La photo de l'ouverture...
A noter aussi, qu'ayant assisté à plusieurs reprises à l'effondrement du cigare en question, j'avais pu constater que les premières longueurs étaient fortement exposées. Du coup, même, si l'esthétisme de la ligne en souffre un peu, il me semblait moins dangereux d'attendre sa chute avant d'envisager de grimper en dessous... Dans la vie, il y a des priorités, et la mienne est de vivre vieux !

Le topo qui ressemble plus aux conditions actuelles
Donc, pour revenir à notre histoire, n'étant pas sûr que ce soit bon et dans l'optique de gravir une ligne plus classique j'opte pour un départ pas trop matinal... Grosse erreur !

En fait, arrivé au fond du cirque, je trouve que c'est pas mal du tout et on attaque la première longueur un peu après 9h.

Max au départ
Vu de là, c'est bien impressionnant !
Max se charge de la méduse qui conduit sous le rocher et là, je sors tout le bazar de l'artificier modèle.

Départ de la première longueur d'artif
Jusque là, tout va bien...

Cette première longueur déroule assez bien et une petite traversée à droite me mène à 3 pitons en place pour un relais presque confortable !

La suite va me donner beaucoup plus de fil à retordre... C'est assez raide et le rocher typique du secteur est soit pourri, soit compact... Je bataille pour arriver à passer sous le rideau mais il m'est en fait impossible de grimper sur ces lames trop fines qui ne connecte dans la voute que plusieurs mètres au dessus de moi...



La grande cascade toujours aussi impressionnante...
J'essaye de continuer à traverser vers la droite pour rejoindre un dièdre qui s'avère complétement bouché... Je fait une tentative en libre mais impossible de se protéger. Avec des prises plates dans les mains, je désescalade au taquet et arrache un stopper martelé dans une vague fissure... A peine le temps de comprendre ce qui m'arrive, heureusement le pitons juste en dessous a tenu.
A cet endroit, le devers rend impossible toute retraite. Il n'y a pas le choix, la sortie est par le haut !
Je reviens un peu à gauche et à bout de bras, place une broche sur une fine lame de glace. Ca semble être la solution mais il faut qu'elle accepte mon poids. Je répète l'opération sur quelques mètres mais sans clipper ma corde histoire de ne pas me faire embarqué si ça casse. Enfin, je demande à Max de m'envoyer mes piolets pour sortir et fait relais dans une petite niche.

Ouf, ça c'est fait !!!
La suite est de la glace bien raide mais plus classique. On finit la grimpe à la frontale et bien rôtis !



On effectue la descente en rappel par Crac 40 dont on rejoint facilement le dernier relai de sortie. Heureusement que je connaissais parce que là aussi, de nuit, faire ces grands rappels plein gaz est plutôt émouvant ! Il est très tard et la fatigue se fait sentir. Heureusement, Philippe de la Grange de Holle nous a laissé un super repas et une belle buche dans la cheminée !

Le lendemain matin, on retrouve tout le reste de l'équipe après un réveil difficile. On remonte dans le cirque après l'avoir quitté quelques heures plus tôt... Il faut vraiment aimer ça... Mais c'est le cas !

On fera deux super journées de cascade avec des conditions vraiment parfaites. Quasiment toutes les classiques depuis "Freezante" jusqu'à "Thanatos" seront parcourues par l’ensemble des jeunes des groupes 65 et 31.

Première longueur de "Crac Crac"
Simon dans la deuxième longueur toujours aussi raide !
Max, Camille et Jéremy deuxième longueur de "Thanatos"
Pierre dans le haut de "Crac crac" avec derrière "lowe, love me do"
Simon ravi d'être là...

Nico dans l'attaque directe "d'Ice Fall"
Pierre un peu plus haut
J'essaye de rester concentré dans la longueur clef d'Ice fall après m'être pris un glaçon sur le nez...