GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

mardi 19 novembre 2013

A deux c'est mieux !

Avec mon ami et collègue David Marret, nous avons décidé de vous proposer certaines sorties en commun.
Cela fait plus de 10 ans que nous faisons régulièrement cordée ensemble aux 4 coins du monde.
Nous pensons qu’il est aussi bénéfique de vous faire partager notre solide expérience en commun et notre complicité.
Travailler à 2 guides est  un gage de sécurité et de confort pour nous et donc pour vous !


- Notre capacité à prendre des décisions (et les bonnes…) est multipliée par 2.
- Nous avons la possibilité de nous adapter plus facilement en cas de différences au sein du groupe (de niveau ou tout simplement d’envie !)
- Vous avez plus de chance de sortir car plus d’inscrits potentiels.
- Nous seront plus facilement à votre écoute (et oui, à 2, on a 4 oreilles et 2 cerveaux !)



Pour plus d'infos, consulter notre programme. 

vendredi 8 novembre 2013

Formation sécurité sur glacier

La Fédération française de la montagne et de l'escalade (mais aussi le CAF) met en place des formations qui s'inscrivent dans le cursus des initiateurs pour former les bénévoles dans les clubs. Ces stages sont aussi accessibles à toutes les personnes désireuses de progresser en sécurité dans leur pratique de la montagne.

C'est donc dans ce cadre qu'avec 10 stagiaires et Dominique Alejo (cadre fédéral FFME) nous nous retrouvons samedi matin à Cauterêt dans une boulangerie salon de thé fort sympathique ("La table du boulanger") pour un petit déjeuner et un tour de table afin de mieux nous connaître et de détailler le programme de ces deux journées.

On commence donc par se rendre sur notre "secret spot" permettant de faire des  manips en plein air mais à l'abri.

On y passe la matinée afin d'effectuer quelques rappels sur les bases de l'alpinisme ( utilisation des différents types de corde, constitution de relais...) et récapituler les différentes techniques propres au déplacement sur glaciers (distance d'encordement, remontées sur corde et mouflages ).

Le lac de Gaube toujours aussi magnifique... On va pas vers le beau !
 Dans l'après midi, on monte au refuge des Oulettes de Gaube et bien sur, on se prend une bonne saucée à quelques minutes du refuge... Heureusement, on est toujours aussi bien accueilli par Boris et Pauline qui ont lancé le poêle !

Le lendemain, départ de nuit et première épreuve au levé du jour quand on arrive au pied du glacier. A cette période son front est constitué de glace vive à 45 degré... On s'encorde, on sort les broches et on tire des longueurs...

Agathe, Sylvain et Michel pas mécontents d'en avoir fini avec les difficultés
Première expérience pour certains qui ne s'attendaient pas forcément à ça dans ce stage... Et oui, avant de marcher sur un glacier, il faut arriver à y monter dessus et savoir marcher avec des crampons et se servir correctement de son piolet est indispensable !

On arrive sur le plat du glacier au pied de l'imposante face nord et on trouve une crevasse adéquate pour réaliser nos exercices. Le temps d'installer tous les relais et de se mettre en place, on se prend une belle averse ! La journée va être rude !

Le temps est pourri mais la bonne humeur est au RDV

LA crevasse !
Installation des ateliers

 Les exercices s'enchaînent : 

Remonter depuis le fond de la crevasse par ces propres moyens.

Benjamin à la remontée sur corde
Tenter d'enrailler la chute d'une personne en crevasse et constituer un relais avec la désagréable sensation de la corde qui vous tire vers l'abîme...

Michel se cramponne à son piolet et pose une broche

Remonter son compagnon en utilisant les différents techniques de mouflage.

Oh hisse...
Ca bosse dur !

Vu de l'intérieur de la crevasse, ça fait pas rire !
Tous s'aperçoive que dans des conditions difficiles proches de la réalité, c'est un peu plus compliqué que quand on s'entraîne dans son garage...

On est bien trempé par les averses successives, chacun est bien passé sur tous les ateliers, il est temps de rentrer à la maison. La descente du glacier s'effectuera en 2 rappels sur lunule puis nous regagnons le refuge par la moraine.

Le debriefing sur ces 2 jours est clair pour tous : Se déplacer sur un glacier ( même dans les Pyrénées...) n'a rien d'anodin et ne s’improvise pas ! Chacun comprend qu'en cas de souci, les choses sont bien plus compliquées qu'on croit.

Si vous voulez pratiquer avec un maximum de sécurité et survivre dans nos belles montagnes, FORMEZ VOUS !

mardi 29 octobre 2013

Pena montanesa "Lacrimas en la roca"

Cela faisait déjà quelques temps avec Bruno qu'on parlait de retourner se frotter aux voies exigeantes de la pena montanesa... Le profil majestueux du pilier de Sobarbe, véritable proue de rocher qui capte l'attention depuis la route qui mène à Ainsa ne nous avait pas laissé indifférent...


Le nom poétique de la voie (les larmes sur le rocher) avait su amadouer ma sensibilité légendaire en évoquant un magnifique rocher sculpté comme on peut en trouver à la pena.
 
Enfin, la lecture des difficultés ( 6 longueurs sur 9 dans le septième degré, 7a+ obligatoire pour 7b+ maximum...) ainsi que l'identité de ses ouvreurs ( Albert Salvado et Unaï Mendia entre autres...) nous donnait à penser que le combat allait être rude !


Après 1h30 d'approche un peu chiante, on arrive au levé du jour au pied de notre objectif. Le début de la voie en 6b permet de se chauffer et de se mettre dans l'ambiance... Il va falloir bien ouvrir l’œil pour se protéger !

Bruno au départ de L2
Du beau rocher
Le dièdre déversant en 7a de la troisième longueur est vraiment magnifique.


La quatrième longueur en 6c nous a paru plus facile et ressemble pas mal au style d'escalade qu'on rencontre à Ordesa.


On débouche après ces 4 premières longueurs finalement assez "classiques" sur la grosse vire qui permet de descendre. C'est l'heure de manger un morceau, d'opter pour une paire de chaussons plus précis et d'admirer la beauté du rocher qui nous domine !

Départ dans la 5ème longueur 7b/7b+... Les vrais difficultés commencent
D'entrée, il faut s’agacer dans un départ bien puissant. Quelques goujons permettent de naviguer dans cet océan de gouttes d'eau mais le problème, c'est leur éloignement... la difficulté n'est pas extrême mais il faut garder la tête froide car pas possible de rajouter quelque chose et la vire en ligne de mire garanti un atterrissage douloureux !


Bruno dans le haut de la cinquième longueur
Bruno s'attaque à la sixième longueur en 7a+. L'escalade est moins raide sur un cailloux gris très compact qui demande beaucoup de technique. C'est le domaine de prédilection du doyen de notre cordée qui reste concentré et enchaîne cette longueur avec classe.

Bruno fait péter la technique des eighties !
Je repars dans l'hallucinante septième longueur. Je vois 2/3 spits au début puis plus rien... Nous avons 2 topos et la ligne à l'air de bien tirer sur la droite...

Début de la 7ème longueur. Jusque là, tout va bien...
Je monte toujours, traverse un peu mais ne trouve rien... Là aussi, le dernier goujons est très loin sous moi. Surtout, rester calme, observer...
Heureusement, la qualité et la beauté du rocher sont exceptionnelles et je n'ai pas peur de partir avec quelque chose dans les mains, c'est déjà ça...
Je finis par dégoter le piton caché tant espéré au fond d'une bonne prise. Impossible de le voir tant qu'on a pas la main dessus !
La pression descend d'un cran et quelques mètres plus faciles me permettent d'atteindre un goujons. Je suis sauvé, je ne vais pas me fracasser mais par contre, il va falloir s'énerver dans la suite ! Une traversée malcommode quasi descendante m'arrache quelques cris, je clippe le dernier goujons et là, il faut tout donner pour arriver au relais. Putain, c'est dur le 7a+ ! Mais cette magnifique longueur est dans la poche.

Bruno attaque la traversée descendante
La longueur suivante est officiellement la plus dure. Ce 7b+ a une allure verdonnesque et c'est bien ce qui nous fait peur ! Je repars en tête sur ce rocher gris magnifique mais la fatigue ce fait sentir. J'explose mentalement et à la recherche désespérée d'un pied, je finis par le poser sur un goujon ... Je gueule tout ce que j'ai contre mon mental de poulpe et m'en veux de ne pas m'être plus battu... Après ça, la motivation n'y est plus et je me contente d'atteindre le relais. J’encourage quand même Bruno à essayer d'enchaîner. C'est vraiment une longueur d'une beauté exceptionnelle et une fois de plus il me fera rêver en tordant la longueur en bonne et due forme !

Il repart dans la dernière longueur en 7a+ qui propose un pas d'adhérence bien retord mais heureusement bien protégé ... 

The last pitch
 Mine de rien, à essayer de grimper en bon style, on est encore plus lent que d'habitude ( c'est dire...) et la journée touche à sa fin. Quatre rappels bien gazeux et un peu stressant nous déposent sur la vire de R4 à la nuit. Nous empruntons cette large vire qui contre toute attende nous ramène au pied de la voie sans même sortir la corde, incroyable...


Comme de bons mécréants, on passe la nuit sous le porche de la petite chapelle avec vue sur la paroi de pimpinus !

 
Toute cette spiritualité me donne le gout des étirements....
Pour finir de s'achever avant de rentrer à la maison on va faire quelques longueur avant que le soleil n'arrive sur la superbe falaise de Fosado située à proximité. Le caillou est vraiment original et les voies de toute beauté.

Un 7b+ d’anthologie
Et hop, sans les mains !

La falaise mi conglo, mi colos !































dimanche 29 septembre 2013

Ordesa : Somontano et Hil da Jainkoa

Lorsque les enfants font une bêtise, on les prive de dessert... Il faut donc croire que l'année dernière, j'en ai fait une grosse, vu que pour ma part, j'ai été privé d'Ordesa (entre autre...)

Pour cet automne, après une saison d'été comme guide bien remplie et un état de santé qui me permet de nouveau pas mal de choses, j'ai prévu de rattraper le temps perdu et de faire le plein de belles voies sur ce site extraordinaire.

Afin de m'aider à accomplir cette tâche difficile, je retrouve avec grand plaisir David Marret. Nous avons partagé tellement de bon souvenir de montagne et de vie ensemble depuis plus de 10 ans que ces 4 dernières années ou nous n'avons pas pu faire cordée sont elles aussi à rattraper !

El libro abierto
Somontano (ED-/350m/7b) est sûrement la voie dure d'Ordesa qui est la plus parcourue.
En effet, contrairement à la plupart des voies du secteur, elle a été ouverte avec pas mal de spits...

Voilà le programme
C'est d'ailleurs cette raison qui m'avait poussé jusque là à ne pas y aller. En effet, malgré son excellente réputation, le côté aventureux que l'on vient rechercher en ce lieu était moins prononcé que dans beaucoup de voies officiellement plus faciles...

Dav dans le début de la voie
Du coup, la plupart des grimpeurs que je fréquente l'on déjà gravie. Quand on c'est rendu compte avec David qu'on était deux à ne pas l'avoir faite, on c'est dit qu'il fallait saisir cette occasion qui ne se représenterait peut être pas de si tôt...

Belle trav pour arriver à R3
 De plus, on a pensé que quelques spits judicieusement placés dans certains passages nous aideraient à nous mettre en confiance...

L4 en 7a+ pas facile et comme toujours grosse ambiance...
 Malgré ça, il faut avouer que le style radical de cette escalade toujours aussi exigeante mentalement et physiquement va quand même nous demander quelques longueurs d'acclimatations. Pour ma part, ce n'est que passé le milieu de la voie que je vais commencer à me détendre et à grimper plus relâché.


Départ dans L6, 6b+ qui donne accès au grand toit
L8 en 7a plutôt cool cette fois...
 Comme la plupart des voies du "Libro abierto", le rocher est globalement excellent, la ligne majestueuse et l'ambiance toujours aussi ébouriffante !

Putain j'espère qu'il tient bien celui là !
Couleurs de fin de journée sur la Fraucata
Le deuxième jour, on décide d'aller dans un secteur peu fréquenté qu'on ne connait pas : la paroi concave.

Ce qui nous attire là bas ce sont les immense coulées grises qui rayent la face et qui nous promettent un caillou magnifique. De plus, là encore, la voie "hil da Jainkoa" (ED/300m/7a+/A1) est censée comporter pas mal d'équipement en place et vu qu'on est parti dans ce trip...


Pour le début de la voie, celle ci ressemble à une voie classique du coin avec 2 longueurs faciles un peu herbeuses, puis un longueur fort raide en 6a+ un peu péteux avec de l'A1 et enfin, une longueur de 4+ en traversée sur piles d'assiettes...

First pitch
David dans l'artif de L3
Je repars donc dans la longueur suivante qui semble être selon le topo une traversée à gauche en 4+. Après seulement quelques mètre, je me retrouve au pied d'un dièdre suivit d'un dévers ou je vois 2 spits et 2 pitons... On se demande si on est pas carrément dans une autre voie, mais rien aux alentours... Je dois sévèrement m'employer pour gravir le dièdre que je trouve très dur puis la suite, malgré les points en place reste très physique. Le rocher est vraiment superbe mais contrairement à hier, l'absence de fréquentation de la voie ne me permet pas d'identifier facilement les "prises à tiroir" non magnésées...

L5 hallucinante 6c/7a au lieu du IV prévu...
Hissage du sac sans problème...
J'arrive au relais halluciné par la beauté de cette longueur et surpris par son omission dans les topos. A partir de là, nous n'aurons de cesse de nous extasier dans toutes les longueurs...

L6 aux couleurs irréelles
Le rocher est vraiment d'une qualité exceptionnelle bien au delà de ce qu'on espérait !
Nous savons que pour ce qui concerne les cotations certaines longueurs de 4+ peuvent se transformer en 6c/7a, mais les tracés sont plutôt juste et surtout chaque longueur est démente !

Vu sur R5, vous avez dit ambiance...
 Le rocher est vraiment très compact et malgré pas mal de spits en place l'escalade reste engagée et obligatoire.




Nous avons tenté de grimper un maximum en libre mais L8 et L11 nous ont résisté. Celle ci, commune avec sa voisine "Kantauri" aurait été libérée par Josune et Rikar et serait dans le 7c/8a...

Plus que quelques cm avant d'atteindre le premier spit de L11...
En tout les cas, c'est vraiment une voie incroyable qui propose des longueurs dures en libre sur un rocher vraiment magnifique !