Fabrice et Dominique étaient à la recherche d'une destination grimpe pour le mois de Novembre... Jours courts, recherche du soleil, je leur propose de découvrir Los Mallos, incroyables pains de sucre sortis de nulle part au rocher unique et à l'ambiance ébouriffante !!!
On attaque par une première journée au Mallo Fire. La voie "de las fissuras", malgré des cotations peu extrêmes, reste une escalade sérieuse... Peu fréquentée, le rocher demande parfois de l'attention, l'équipement est à compléter et il est toujours assez émouvant de progresser sur ces patates dont on se demande toujours quand elles vont nous rester dans la main...
El Mallo Fire
Le tracé
Départ direct par la AGP
Fabrice dans L2
Départ de la longueur de 6b commune à "Galletas"
Mes compagnons à R4
L5
Le lendemain, Fabrice décide d'une journée de pose et nous allons avec Dominique faire Chopper-Chopperior pour sortir au sommet du Pison.
Une vue classique de ce village typique !
Première longueur, déjà bien raide !
Domi un peu plus haut
Au pied de la longueur de 6b
La même vue du bas, merci Fabrice !
Il a pas l'air malheureux...
Pour ce troisième jour, on opte pour une voie au Mallo Frechin. Figure "moins emblématique" du massif, il propose d'anciennes voies rééquipées vraiment très chouettes...
Mallo Cuchillo, Frechin et Visera
C'est parti !
L2 en 6a
L4
Une cordée de collègues alpins dans "Naturaleza Salvaje"
Relais 4 étoiles !
Domi donne tout !
Fabrice à la sortie
L'objectif de demain : "El Puro"
Pour le dernier jour, je leur propose une des voies les plus mythiques des Riglos, "El Puro". C'est un objectif idéal pour finir le trip et prendre la route dans la foulée...
On attaque de nuit la première longueur directe en 5c histoire d'optimiser le timing !
Deux très très longueus journées avec les jeunes de l'équipe CAF Midi pyrénées...
Pour la plupart d'entre eux, découverte de Montrebei et de ces parois magnifiques, premier bivouac en paroi et apprentissage de l'organisation qui va avec...
Nous avons fait deux cordées avec Camille, Max et Simon dans "Jim Beam" (550 m, 6b/A2) tandis que Jérémy, Nicolas et moi étions dans Alucinosis (550 m, A2+/6c).
Je laisse la parole à Simon Verrier qui nous décrit cette aventure comme il l'a vécue !
Romain, en bon adepte des pratiques d'auto-flagelation grimpistiques a le projet de trainer 5 d'entre nous (Cocotte, Max, Nico, Jéjé et Simon) dans les grandes voies de la paroi d'Aragon à Montrebei. Les lignes visées sont Alucinosis et Jim Beam, environ 550m chacune, du rocher allant de très bon à bien pourave, des pas d'artifs, des parois déjà très verticales qui se redressent encore, une nuit dans la face, un vide qui se creuse et une marche de retour qui se mérite.
Samedi 5h : Réveil
Arrivés la veille vers minuit au parking, grâce à la conscience professionnelle des patrons de certains et après un repas là où « ca coûte pas plus cher de bien manger », nous déjeunons rapidement pour attaquer l'approche.
~8h30 : Départ
L'assaut est donné sur la première longueur commune aux deux voies. C'est le début d'une première longue journée.
Jéjé, Nico et Rom' partent droit dans les toits d'Alucinosis tandis que nous partons à droite, avec Cocotte et Max, dans la ligne moins directe de Jim Beam. Nous nous retrouverons tard le soir sur la vire de bivouac au milieu de la paroi.
Nico dans le premier grand toit
Jéjé Déséquipe L3
Posés à R4
Un brin d'ambiance...
Jim Beam :
Les premières longueurs en rocher médiocre sont grimpés en alternant libre et artif jusqu'à R4. L5 est la première longueur dure nécessitant un bon talent d'artificier et un bon niveau de grimpe. C'est son Excellence de l'Alpinisme National, alias Cocotte qui nous déverrouille ce passage avec classe puissance et maîtrise. On a faim, il doit être 14h, peut être 18, le temps ne suit pas son cours habituel sur ces parois raides. La maitrise du hissage des deux sacs commence à venir, la remontée à la jumar plein gaz aussi, on avance et c'est Max qui se charge de quasi-libérer L6, donnée pour A2, soit disant que les trous de pitons font de bonnes réglettes et que les mouv' d'épaule sont magnifiques... La nuit tombe, on se demande à quel moment le temps à pu s'écouler aussi rapidement. L'ambiance est particulière dans cette face en pleine nuit noire, surtout quand les trois frontales sont au pied de la longeur et que le leader construit son relai au radar et lance d'une voix plein de défi « Allez-y, mais un par un ! ». Non, je préfère dormir en équilibre précaire avec un quart de fesse posé sur une écaille coupante que de me lancer plein gaz la dessus. Passé le doute, on réfléchit et on trouve le moyen de faire monter une frontale jusqu'au relai supérieur. Une fois certifié aux normes, on se lance dessus, il reste encore une longueur avant la vire, on y parviendra peu avant minuit...
00h : La vire
Emplacement du bivouac
L'équipe "Alucinosis"
L'équipe "Jim Beam"
Bon c'est pas non plus le Ritz, seuls quelques emplacements présentent une plateforme horizontale, mais ça ira, on n'est pas là pour se reposer ! On retrouve les Alucinés, bien contents de leur journée, ils ont été tellement rapides qu'ils ont pu fixer quelques longueurs au dessus de la vire ! Une bière, une soupe et une purée plus tard, c'est repos, réveil fixé à 6h !
Dimanche 6h30 :
Départ de L9 en A2+
L10 6b+ pas facile...
Remontée de L11
Il a plu mais il a pas fait froid. Ca pique, mais ca fait du bien d'être là, on a un peu gratté sur le réveil, on déjeune et on repart. Une première longueur en traversée donne le thème de la journée : plein gaz ! A la sortie du duvet, ça decrasse... Dans la cordée les rôles sont maintenant fixés, à qui grimpe, à qui déséquipe, à qui remonte à la jumar, on a l'impression d'avancer plus vite qu'hier, et tant mieux : c'est 10 longueurs qu'il va falloir négocier.
La vitesse, c'est relatif. Dans ce dièdre parfait, le vide se creuse, la fatigue se fait sentir, les relais demandent toujours autant de travail, il faut toujours hisser les sacs même si ils ont bien perdu du poids. A deux longueurs du sommet, une vire, une vraie, une ou on pourrait stationner une twingoet accessoirement s’asseoir et se couper un peu du vide, il fait encore bien claire, la fin de la voie est plus facile, ça va sortir... mais pas de jour !
Dimanche 20h30 : Summit 1
Le temps a encore décidé de filer entre le petit dej et la tombée de la nuit. Les sacs sortent de la voie, les dernières bières triples belges sont vidées avec respect, le saucisson est tranché avec solennité, le fromage est découpé avec humilité, on avait la dalle et on avait soif.
Dimanche ~22h : Summit 2
Nico sort d'Alucinosis, on est tous en haut, malgré les frayeurs de Jéjé, tout le monde est arrivé sur le plateau ! Pour l'instant on est encore content.
Lundi ~2h : Voitures !
Là on est moins content, c'est bon quand c'est long, c'est ça la paroi de Catalogne, du coup on a bien profité de la marche du retour, entre la bartasse dans les buis et la pause selfie de 20minutes du guidos-qui-recommence-20-fois-la-photo-parcequ'il-a-une-gueule-de-blaireau-dessus-et-ça-la-fout-mal-sur-mon-blog, l'arrivée aux voitures tient de l'instant de grâce. On mange et on boit, parcequ' on avait encore la dalle et qu'on avait encore soif, on bourre les bagnoles, et on se casse !
J'ai pas pu faire mieux...
Lundi 6h : Toulouse !
Un bon gros double tour de quadrant ! On « commence à prendre gout à la soumission ».
Merci Romain, Cocotte, Max, Nico et Jéjé. Ca valait le coup même si on en a c.... !
Histoire de changer un peu avec Bruno, on avait bien envie de découvrir un nouvel endroit. Bien que connu depuis de nombreuses années, nous n'avions pas encore eu l'opportunité d'aller grimper à la Pena de Sin. Ces derniers temps, des mouvements suspects sur la toile pointaient fortement dans cette direction !
Une voie d'Albert Salavdo avait attiré notre attention. Des photos alléchantes, des cotations pil poil et une certaine habitude de n'avoir fait que de superbes voies ouvertes par Albert ont été une aide précieuse à la décision...
Première spécificité de cette paroi, l'approche est vraiment minimaliste (30 mn), ce qui est assez rare pour des parois de cette envergure...
Deuxième, a priori, pour l'instant et malgré la présence importante de vautours de toutes sortes, la cohabitation se fait bien et il n'y a pas d'interdiction de grimper... Le gouvernement d'Aragon a même mis en place une aire de nourrissage (concept qu'il faudra un jour qu'un spécialiste m'explique...). En tout les cas, ça pue comme jamais et c'est assez choquant visuellement...
Charnier à ciel ouvert...
Suite à une soirée et un début de nuit pluvieux, on décide pour une fois de ne pas attaquer trop tôt car le bas de la face bien gris risque d'être humide.
J'attaque L1 dans un dièdre parfait qui sera pour moi une des plus esthétique longueur de la voie.
Il ne fait vraiment pas chaud, les doigts sont gourds et j'avance pas à pas dans ce dièdre technique. Bruno fait même péter la veste light !
Bruno repart dans une longueur de 6c assez expo et qui demande de la détermination.
Encore deux autres longueur en 6c et le soleil vient enfin nous réchauffer.
Le rocher est extrêmement abrasif et sculpté. Il n'offre pas toujours la possibilité de protections naturelles et chaque spit se gagne !
La longueur du dessus se déroule sur des colos incroyables ! Malheureusement, certaines prises sont mouillées... Je doit vraiment m'arracher pour me sortir de ce mauvais pas, mais ça passe !
Un bon genoux qui permet de lâcher les mains avant d'attaquer la section humide...
Depuis le début de la journée, on s’aperçoit que globalement, toutes les longueurs nous coûtent et on est pas au bout de nos peines !
Je repars dans la longueur suivante qui propose un début très technique dans un mur en crépi difficilement déchiffrable...
Un peu plus haut, un spit, selon moi pas très bien placé, me créer un tirage de fou (oui, je sais, la critique est aisé et l'art difficile... Surtout quand on se retrouve à grimper avec une corde à simple pour cause d'oubli !).
Malgré mes efforts pour le réduire au maximum, arrivé quelques mètres sous le relais je ne peu plus bouger et doit redescendre !
Bruno me fait une fois de plus rêver avec son mental de guerrier dans L8 qui propose une section vraiment très obligatoire !
On arrive enfin au pied du grand dièdre final... Il est déjà bien tard et on commence vraiment à être cassé !
Heureusement, la longueur suivante est bien plus facile et se déroule sur une rape à gruyère géante !
Bruno attaque la magnifique longueur du dièdre final en 6b+. Vraiment une longueur superbe sur un rocher aux formes extravagantes !
L10 superbe !
Le soleil se couche et quand je rejoins Bruno, il fait nuit...
Magnifiques couleurs sur le lac de Plan
La fatigue accumulée et la perspective d'une descente en rappels complexe nous fait renoncer à la dernière longueur...
Effectivement, la descente va s'avérer longue et assez stressante avec pal mal de rappels deversants et déviés. La description faite dans le topo va d'ailleurs sûrement évoluer avec l'ouverture actuelle par Albert d'une autre voie un peu plus à gauche qui permettra une descente plus directe (depuis le relai situé au milieu de L9, ne pas faire un grand rappel comme noté, mais 2 petits pour arriver à R7 et de là, rejoindre la vire bivouac puis cette nouvelle voie...).
En tous les cas, une voie à ne pas prendre à la légère et la découverte d'une autre belle paroi où on a déjà hâte de revenir !