GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

lundi 12 août 2013

Equipe jeunes alpinistes CAF acte 1 : la vallée d'Aspe

Nous nous retrouvons donc tous le vendredi soir dans le camping étonnamment plein à craquer de Lescun.
L'objectif du lendemain est l'arête de Larrangus au Billare (D+/400m). Réveil à 5h30... Il pleut ! On retarde d'une heure... Il pleut toujours ! Une heure de plus... Bref, on a fait la grasse mat' et on sort des duvets vers 9h30 sous un ciel bien plombé. C'est mort pour le Billare, il est trop tard malgré le temps qui s'améliore. On décide alors d'aller grimper pour l'après midi sur le mythique spot des années 80 de la mature. Cette grande dalle compacte coupée par ce chemin taillé est vraiment hallucinante. Avec Florent et Coralie, nous partons pour une voie en TA ("La marmotteuse" 120 m) qui suit une magnifique ligne de fissure. A part quelques spits aux rares endroits improtégeables aussi que dans le début de la troisième longueur en 7b au dessus du chemin, tout le reste se prête merveilleusement bien à la pose de protections naturelles.

Florent au départ de la voie. Au dessus, la ligne de fissure en ascendance à droite que nous allons suivre

Coralie dans L2 toute en fissure
Benoit, Camille et Max qui ce sont engagés dans "L'école buissonnière" (6c+/A1/120m) plus équipée mais bien plus obligatoire en dalle découvrent que faire du 6 dans ce style "Old school" n'est pas une mince affaire !

Maxime, bien concentré dans la longueur en 6c sous le chemin
Bibi, Benoit De Santignon et Simon gravissent quand à eux "La clef des champs" (6c/A1/130m) entre dalles équipées et fissures vierges.

La cordée de la clef des champs
Le chemin de la Mature
 Le lendemain, malgré un nouveau réveil un peu humide dans le brouillard, nous décidons de tenter le coup pour la grande aiguille d'Ansabère.
Nous partons de nuit du Pont Lamary pour rejoindre rapidement les cabanes d'Ansabes. Un peu au dessus, le ciel se déchire enfin et les majestueuses aiguilles apparaissent.


Pour notre part, nous basculons de l'autre côté pour remonter le pierrier un peu chiant sous la face Est.
Trois heures après être parti du parking, nous arrivons au pied du couloir d'accès. C'est sûrement la partie la plus risquée de la journée car il est impossible de progresser dans cette gorge graveleuse sans faire partir de pierres.. A 3 cordées là dedans c'est déraisonnable et je décide de sacrifier notre chrono à la sécurité.
Ce sera donc une par une que chaque cordée va franchir ces 3 longueurs, les autres essayant de se protéger au maximum.

Benoit arrive en haut du couloir
Camille bien contente d'en finir avec le couloir

Coralie et Florent en finissent à leur tour avec "la gravière"... Aux suivants !
On finit par tous arriver "à peu près" sains et sauf en haut du socle. Tout de suite, Benoit, Camille et Simon attaquent par la plus dure, "Le dièdre Butolli (ED-/300m) et déjà ça bataille dans la première longueur en rocher très moyen...

Benoit attaque L1 du dièdre Butolli
Bibi, Benoit DS et Max se lancent dans la classique face Est (TD+/300m).

Max dans le départ de la face est
 Pour Florent, Coralie et moi, nous basculons en face N pour gravir le dièdre NE (TD+/300m).
Après de nombreuses tentatives dès 1933 celui ci sera finalement vaincu en 1954  par... Les frères Ravier, comme d'habitude, accompagnés cette fois ci de G Santamaria.
Ces deux dernières classées respectivement 89 et 90 dans "les 100 plus belles" vont tenir toutes leurs promesses...

Bon sang ! mais ça part où ce truc...
Florent est d'ailleurs remonté à bloc pour se lancer dans ce morceau d'histoire du pyrénéisme, mais je lui propose d'attaquer, histoire de gagner un peu de temps...

Florent dans L1 un peu végétative
 Ces deux premières longueurs sont loin d'être évidentes et en tête, chargé d'un sac, sur ce rocher pas vraiment "céusien", il faut se battre pour pouvoir enchaîner en libre... Du bon vieux 5 sup à l'ancienne qui remet les pendules à l'heure !

Le dièdre technique de L2
 Je passe la main à Flo qui trépigne au pied du fameux grand toit de L3 qui a vu buter les premières tentatives.

Départ de L3
Le toit
Il le gravit efficacement et enchaine par la longueur suivante qui cette fois ci se déroule sur du très beau rocher.
Je reprend la tête pour finir dans un terrain plus "scabreux" et nous retrouvons les 2 autres cordées juste sous la sortie.

L'ombre de la grande aiguille guette Coralie
Sortie sur l'épaule

Suite à un petite erreur d'itinéraire, nous finissons par une dernière longueur encore plus pourrie que la longueur de sortie originale !
Nous atteignons enfin le sommet de la grande aiguille d'Ansabère et chacun apprécie de pouvoir se détendre après ces longueurs un peu stressantes.

Summit
Il est quand même un peu tard et la journée n'est pas encore finie... Un rappel de 45 m suivit d'une dernière escalade nous mène enfin sur le plateau où nous profitons d'un magnifique couché de soleil au col de Pétragème. Encore 2 h de marche et nous retrouvons enfin nos véhicules après cette longue journée de pyrénéisme !

vendredi 2 août 2013

Voies classiques au Pic du midi d'Ossau

Le pic du midi d'Ossau est une des montagnes emblématiques des Pyrénées. Plusieurs courses parcourant ces flans font partie "des 100 plus belles" et ce n'est pas un hasard.
La muraille de Pombie est particulièrement représentative de l'escalade élégante et épurée que l'on peut y rencontrer.

La muraille de Pombie, toujours aussi majestueuse
En compagnie de Dominique et Isabelle, je suis allé revisiter avec toujours autant de plaisir 2 belles classiques de la face.

Premier jour, nous sommes allés faire la voie des surplombs en sortant en haut des vires depuis le cirque gris. Comme je m'étais déjà fait la réflexion, c'est  une voie plus longue qu'il n'y parait.
Cet itinéraire constitue un excellent premier contact avec le style d'escalade que l'on peut rencontrer ici.

C'est parti pour la deuxième longueur
Les 3 premières longueurs se déroulent bien, les filles ont l'air de bien s'adapter au style et sont plutôt à l'aise... Au dessus du troisième relais, l'itinéraire officiel part bien à droite pour rejoindre une dépression, mais j'ai repéré au dessus une "fesse déversante" qui m'attire !
Ca va être l'occasion de pousser mes seconds dans leur retranchement. Cette variante est vraiment magnifique, très technique et dans le pur style "combat de rue" en fissure large...




 

La suite est plus classique et on navigue en prenant soin d'éviter les fameux surplombs ! Bonne gestion du tirage indispensable...




La pena telera en fond au départ de la voie des vires


Il s'agit de rester concentré car une fois arrivé aux vires, une deuxième course commence : La descente !



Deuxième jour, nous partons pour un chef d’œuvre Ravieresque, la sud est classique. Dans cette voie, la beauté de certains passages n'a d'égal que l'implacable logique de l'itinéraire.

 

                                          Les filles dans la grande traversée du départ

Nous parcourons avec enthousiasme "les escaliers gris", puis le magnifique dièdre parfait qui lui fait suite.



Dans le haut de l'itinéraire, un astucieux crochet à gauche puis à droite, permet de contourner un toit pour donner accès au couloir de sortie.

La première longueur qui traverse à gauche sous le toit
Une cordée au dessus de nous qui fait la traversée à droite au dessus du toit
Fin de la tarversée qui donne accès au couloir de sortie. Tout en bas, le refuge...
Isabelle, pas mécontente d'arriver dans le couloir de sortie



On finit par l'enjambement depuis l'aiguillette Jolly et rebelote pour la descente par la voie des vires... D'ailleurs, cette année, l'enneigement exceptionnel a imposé une petite variante par les virettes qui nous déposent après un rappel de 45 m, au fond d'une belle rimaye !

mardi 23 juillet 2013

Arête ouest du petit Ruhle

J'ai connu Jonathan lors d'encadrement dans des stages de formation de la FFME. Après plusieurs cessions, il commence a être autonome dans des courses de niveau AD. Cependant, il n'est pas encore très sûr de lui quand il s'agit d’amener sa douce...

Il nous faut donc une course variée et complète, permettant de valider l'ensemble des techniques de progression et de protection qu'il a appris. Nous nous orientons donc vers cette belle classique des Pyrénées ariegeoise qui sera aussi un excellent retour à l'alpinisme pour sa femme Aurélie.

Notre objectif entre ombre et soleil
Le but de cette journée est donc que ce soit Jonathan et non moi qui mène la course.
Je ne serais donc là qu'en observateur, vérifiant la pose des points, les longueurs d'encordement utilisées et conseillant un peu dans certains passages délicats !


L'arête ouest du Ruhle malgré son nom, n'est pas vraiment l'archétype de la course d'arête...
La variété des passages impose de balayer l'ensemble des techniques employées en alpinisme et c'est un condensé des différents terrains que l'on peut rencontrer dans la discipline.

Assurage court aux anneaux dans les passages faciles



Aurélie pour qui c'est un "come back" a la montagne après quelques années de maternité se remet petit à petit en confiance...



Bon, ben finalement, elle est carrément à l'aise et profite pleinement des beaux passages d'escalade du premier bastion.


La pose de protection est l'affaire de Jonathan. Il goûte au savant mélange qui n'est pas toujours facile à doser entre efficacité et sécurité...

Pas toujours facile de trouver le bon coinceur...

Le contrat est rempli... Jonathan nous a mené la course de main de maître et Aurélie a pu retrouver de bonnes sensations et le plaisir d'être en montagne. Ils vont pouvoir partager d'autres belles journées ensemble jusqu'à la prochaine étape où je l'espère, ils auront de nouveau besoin de moi !

 


dimanche 14 juillet 2013

Saint Guilhem le désert

Avec l'arrivée de cette chaleur subite, l'escalade devient pénible et laborieuse,  il est temps de se replier vers les secteurs "anti canicule" ou de faire autre chose...

Thibault restant motivé par la grimpe, on pense aller faire des grandes voies en face nord à St guilhem le désert dans l'hérault. Le secteur est vraiment magnifique et puis comme je lui affirme : "Là bas, il y a toujours de l'air"... Sauf cette fois !

Incroyable, en 2 jours, il n'y aura pas un souffle...

Nous subirons les 30 degrés et le bruit des cigales évocateur de vacances pour beaucoup, sera synonyme pour nous de combat d’anthologie dans des longueurs théoriquement loin d'être extrêmes...

Après un départ pas franchement matinal et 2 h 30 d'autoroute, nous nous posons sur le parking payant de ce superbe village médiéval pour un bon repas.
La chaleur est écrasante et l'envie est plus à la sieste qu'à l'escalade, mais bon, quitte à être venu jusque là, on se motive pour le secteur du pilier et la voie "Allergène" 180 m, soutenue dans le sixième degré.

Le cirque "du bout du monde"
 
Le secteur du pilier avec ces premières longueurs déversantes


 J'attaque la première longueur sur le rocher à strate un peu pourri, typique du secteur. Comme souvent à St Guilhem les cotations sont serrées et l'équipement aéré... Quelques friends moyens peuvent aider à se détendre...


Thibault a l'air dubitatif...

Départ de L3
La face sud somptueuse

Thibault à l'assaut de la dernière longueur
Finalement, une bien belle voie. Nous n'avons pas vraiment compris les différences de cotations entre les différentes longueurs. Elles nous ont toutes parues équivalentes autour de 6c...

Le lendemain, on décide de se lever tôt histoire de profiter de la relative fraicheur du matin.


On se dirige vers le célèbre secteur "Carnina" déversant de bas en haut qui me rappelle quelques bons souvenir de BASE jump !
Notre objectif, " les découpeurs du ciel" 7b+ 180 m est pour moi un des must de la vallée.


J'attaque par la première incroyable longueur entre colonnettes et cades centenaires.


La aussi, l'équipement est un peu folklorique et pas toujours bien pensé... Vaut mieux avoir de la marge pour ce pseudo 6b...


Thibault poursuit par une courte longueur en 6b+ qui secoue dès le départ du relais.


La troisième longueur en 6c (pour nous, la longueur la plus dure de la voie...) m'arrachera de nombreux cris, pieds à plats dans une traversée " a méthode", je finirais tremblant et explosé au relais !

Thibault prend un repos et tante de déchiffrer la trav' de fin de L3
 la longueur clé en  7b+ se passe finalement assez bien (si on fait abstraction du départ pas extrême, mais bien engagé...) jusqu'au jeté final de fin de longueur qui nous verra échouer pour un enchainement intégral tout à vue...

Départ de L4, mais il est où le prochain spit ?
On a pas du tout compris l'histoire du petit coinceur dont parle le topo pour aider à passer en A0 d'ailleurs...

Thibault tout en haut sous le pas dur...
 Ne pas compter dessus car on a rien vu et pas de A0 possible, il faut grimper entre les points (mais ça fait bien).

Une magnifique dernière longueur dans un rocher gris très sculpté me permettra d'atteindre le plateau sommital avant la canicule de l'après midi.

Pour finir la journée, Thibault toujours aussi motivé veut se finir au secteur de couenne mal nommé ce jour là de "la baume vantée" et se bat dans les longueurs sous une chaleur accablante...


Pour ma part, c'est bel est bien finit, trop de souffrance à essayer de tenir des bacs en ayant l'impression que ce sont des rougnes  immondes !


 C'est bel et bien l'été, la fin de la saison de grimpe et une bonne envie d'aller prendre le frais en montagne ou de me plonger dans l'eau vivifiante d'un canyon !