GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

mardi 27 novembre 2012

God is Dead ...




Et oui, même si j'ai du mal a m'y faire, c'est un fait, Patrick Edlinger n'est plus de ce monde...

Son charisme, son humilité et son style de grimpe incomparable m'a fait rêver et il restera pour moi un modèle...

Ayant commencé l'escalade dans les années 90, son influence était encore importante. De cette période, j'ai gardé un goût certain pour les voies techniques et les petites prises mais surtout une fascination pour les lieux mythiques qui ont bercé mon enfance et où Patrick a pu grimper et écrire certaines des plus belles pages de l'escalade libre.

Mouriès, dans les Alpilles, bien que moins connu que le Verdon ou Buoux, a fait parti de ces spots des années 80-90.

Ce secteur désormais considéré comme "old school" propose une barre légèrement déversante plantée dans un décors provençal d'une rare beauté.


Ce paradis de la réglette sordide, du monodoigt coupant et du placement aléatoire est vraiment un must en la matière !

Avec ses 20 m de haut, toutes les voies sont très "résistantes". A peine le pied levé du sol et il faut être déjà à 100 %. La petite taille des prises, la lecture très difficile sur ce rocher blanc et l'invisibilité des vaguelettes où poser ses pieds transforment chaque ascension "en un combat douteux", mais au combien gratifiant... Enchainer ici une voie à vue de 2 cotations en dessous de votre niveau habituel est déjà une belle perf !


C'est grâce à mon ami Eric Demay que j'ai pu découvrir ce site exceptionnel. Nous avions fait quelques belles images que j'ai ressorti des cartons... C'était le bon vieux temps ou j'avais les cheveux long, j'étais fort et beau (ben quoi, je peux quand même me faire plaisir sur mon propre blog !!!) et surtout, je n'étais pas handicapé...

samedi 3 novembre 2012

Les Grandes Jorasses

Pour tout amateur de mixte et de grandes courses, la face nord des Grandes Jorasses représente la quintessence de l'alpinisme. De part sa hauteur, sa raideur, son histoire, chaque voie, même "classique" est un grand moment d'émotion et un accomplissement dans une vie d'alpiniste.


Malgré le fait que la plupart des voies de la face me fassent envie, je m'étais toujours dit que "No Siesta" et la "Gousseault Desmaison" étaient les deux voies qui me motivaient le plus et constituaient pour moi des ascensions que je me devais de réaliser.




















Les très bonnes conditions de l'automne 2007 ainsi que la motivation sans faille de mon compagnons Pierre Labbre, m'ont permis de réaliser ce rêve en gravissant ces deux voies, coup sur coup (Mathieu Detrie était aussi de la partie pour la G-D). L'ascension de ces 2400 m de glace, neige et roc en moins d'un mois, ont été pour moi une expérience très forte qui me laisse des souvenirs exceptionnels.



 

Malheureusement, le sort en a décidé autrement et mon accident va me forcer à remettre à plus tard ces retrouvailles... Je me réconforte en me disant que les Jorasses ne vont pas s'envoler et que malgré les changements climatiques d'autres périodes propices à ce type d'ascensions se représenteront.






Voici un texte que j'avais fais paraître à l'occasion de ces ascensions ainsi qu'une vidéo de la Gousseault Desmaison avec des images d'archives rares et fortes en émotions...


Gousseault desmaison from Romain Wagner on Vimeo.