GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

samedi 3 octobre 2015

Pégase, gorges de Galamus

Il y a plusieurs années, Bruno Colla m'avais parlé d'une voie, qu'il avait ouverte en compagnie de Philippe Lapalus alors que je n'étais  qu'un adolescent. Ouvrir en libre depuis le bas, se lancer dans ces conditions sur ce rocher raide et compact nécessitaient une bonne dose de courage et de motivation ! Cela lui avait laissé un souvenir marquant...

Nous avions prévu, comme souvent à cette saison, de nous rendre sur le versant espagnol de la chaîne, mais la météo annonçait un peu partout des précipitations, sauf dans les Pyrénées orientales... Bruno me propose alors d'aller visiter presque 20 ans après : "Pégase", et de revivre les grands moments d'émotions de cette ouverture (la pose de crochets, loin au dessus du dernier point, en moins...!). A priori, la voie n'a jamais connue de répétition et la deuxième longueur reste à libérer, il n'en faut pas plus pour finir de me convaincre !

On se rend dans les gorges de Galamus, un site superbe, sorte de mini Verdon, où la voie se situe sur une paroi cachée avec un accès pas évident si on ne connait pas (et même quand on connait c'est bien en mode sanglier !).

Un accès bucolique...
Après cette approche, pas très longue mais assez pénible, on arrive au pied de ce mur vraiment impressionnant !

Pégase se situe en plein milieu de ce mur
Même si la paroi ne mesure que 120 m, ce monolithe déversant et compact est intimidant...

La première longueur cotée 7b demande de compléter un peu l'équipement en place avec quelques coinceurs. L'éloignement entre les points en place est significatif et rend l'escalade vraiment obligatoire...


C'est une escalade très technique sur de minuscules prises, où il faut prendre son temps, et faire les bons choix pour ne pas se retrouver dans une impasse... A froid, pour une première longueur, je reste bien concentré histoire d'assurer le coup !


Pas facile de savoir où ça passe...
J'arrive au relais pas mécontent après un dernier pas engagé qui permet d'atteindre un bac puis de remonter une écaille facile.Ce n'est que le début de la journée et ma peau des doigts a déjà bien ramassé...

l'ouvreur en action presque 20 ans après !
La section finale toute en résistance avec le dernier pas engagé qui permet d'attendre le bac
La longueur d'après est le crux de la voie... A priori, à l'époque, ils avaient réussi à faire tous les pas mais l'enchainement reste à faire. Les souvenirs de Bruno sont lointains mais il lui semble qu'il y a une première section dure juste au dessus du relais. En effet, à peine décollé, je tombe sur une section très résistante ou les placements de pieds doivent être optimisés sous peine de ne pas arriver à tenir les prises...

Je me mets donc en mode repérage et calage de méthodes afin d'essayer d'être efficace au premier essai. Malheureusement, à faire et refaire les passages sur ces prises "rasoir", ma peau des doigts finie par rendre l'âme et je me "steacke" l'index... J'arrive à atteindre R2 après un bon pas de bloc puis une traversée finale les pieds à plats.  Malgré un strapp au bout du doigt, c'est trop douloureux...

Aïe...
Dans ces conditions, pas question de taper un essai sous peine de ne même pas arriver à sortir la corde... Je suis vraiment déçu car je suis sûr que ça peut faire...


Suite à mon repérage, Bruno réussi à enchaîner des sections mais s'octroie 2/3 repos... Aussi bien que dans sa jeunesse !


Attaque de la trav finale avec des trous pas super crochetants, le tout pieds à plats !
On choisit avec Bruno de laisser tomber ce plan pour quand même profiter des deux prochaines  longueurs (7b et 7a). Je laisse le maître, un peu ému, se lancer dans cette magnifique troisième longueur.



Le style est un peu moins "à la croute" avec quelques trous moins douloureux pour mes petits doigts...


Juste sous le relais, il faut en garder sous la pédale !

Je repars dans la dernière longueur de 7a. C'est raide mais ça ne dure pas et le dernier relais est en vue.


En deux grands rappels plein gaz, on regagne le sol.


Un superbe lieu à découvrir avec d'autres voies de caractère, plus abordables, de part et d'autres de Pégase. La deuxième longueur reste donc à libérer...Sûrement un bon 8a à l'ancienne... Avis aux amateurs à la peau de dinosaure !!! 

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